Interview de Pascale Le Néouannic, tête de liste dans les Hauts-de-Seine pour la liste "Front de Gauche Ensemble pour des régions à gauche, solidaires,
écologiques et citoyennes
Pouvez-nous expliquer la composition politique du Front de Gauche ? Et la composition de la liste dans les Hauts-de-Seine
?
Le Front de gauche se veut bien plus qu’un rassemblement de Partis, c’est un regroupement de femmes et d’hommes qui ont décidé de changer la
donne à gauche, de ne pas accompagner le libéralisme, et de proposer une vision de la société en rupture avec le capitalisme et le système productiviste. Ce Front a été initié par le Parti de
Gauche, le Parti Communiste et la Gauche Unitaire au moment des élections européennes. Pour les élections régionales en Ile de France, ce rassemblement s’est élargi à de nouvelles organisations
et personnalités (Alternative citoyenne, M’PEP, PCOF, Les Alternatifs et République et Socialisme).
Ce large rassemblement est particulièrement visible sur la liste des Hauts-de-Seine avec notamment la
présence, à mes côtés, de Gabriel Massou,
enseignant et membre du PCF et de Claire Villiers, vice présidente sortante membre d’Alternative Citoyenne et du conseil de surveillance de la fondation Copernic. Cette liste est également
fortement ouverte aux personnalités du mouvement social, avec notamment Anne Debregeas, syndicaliste de l’énergie, Marie-Jo Ehrhard, militante pour la défense du logement social étudiant, Thierry
Guigui, syndicaliste de la santé…et des personnalités comme Didier Dreyffus, initiateur de l’Appel des Appels ou encore Brigitte Riéra, responsable de formation d’Antony dont l’un des site est
menacé de fermeture.
Quels sont les trois axes les plus importants de votre programme pour cette élection régionale en IDF
?
Les axes les plus importants
de notre programme sont ceux qui forment le nom de notre liste. Nous voulons des régions à Gauche, solidaires, écologiques et citoyennes.
Solidaires, car nous souhaitons favoriser un égal accès au transport, au logement social et aux services publics pour tous les
franciliens.
Ecologiques, car nous souhaitons mettre en œuvre une réelle planification écologique, qui ouvre la voie à une écologie sociale. Il faut penser
l’écologie à partir des besoins de ceux qui ont le moins. Il faut rompre avec la logique de la soi-disant « concurrence libre et non faussée » et avoir une vision à long terme pour
protéger l’environnement…
Citoyennes, car nous souhaitons mettre l’égalité au cœur de notre action : égalité femme/homme, lutte contre toutes les formes de
discriminations, s’engager pour la régularisation des travailleuses et travailleurs sans-papiers…
Quelle est la première urgence pour une majorité de gauche à la tête de la région ?
La première urgence pour une majorité de Gauche à la tête de la région est de modifier, à son échelle, la répartition des
richesses.
Il s’agit, tout d’abord, d’affirmer le principe selon lequel l’argent public doit servir à financer les services publics.
Ainsi, une région Front de Gauche stopperait immédiatement toutes les subventions non obligatoires aux lycées privés. Elle refuserait la mise en place de la directive service qui organise la mise
en concurrence des services publics, comme celui de la petite enfance, par exemple.
Une région Front de Gauche supprimera les subventions aux communes qui ne respectent pas l’obligation légale de 20% de logements sociaux.
Nous créerons un tarif unique dans les transports franciliens à 56€. Cela est une mesure de justice sociale quand on sait que 35% du salaire des
habitants des Hauts-de-Seine est consacré à cette dépense. De même, nous tendrons à la gratuité des transports pour les bénéficiaires des minimas sociaux, les chômeurs et les travailleurs
pauvres.
Enfin, les subventions aux entreprises seront soumises à de stricts critères sociaux (refus des horaires fractionnés, généralisation des CDI,
mise en place d’un salaire maximum et respect d’un écart de salaire raisonnable) et environnementaux. Cette politique permettra de favoriser les entreprises de l’économie sociale et
solidaire.
Quelle est votre position sur le Grand Paris ?
La droite de N. Sarkozy et V. Pécresse veut imposer son projet du « Grand Paris ». Ce serait une régression sociale, démocratique et
écologique majeure:
C’est la mise en concurrence des territoires !
Le projet prévoit le développement de 7 pôles d’excellence (aéroports, quartiers d’affaires ou de recherche) au
détriment des autres territoires franciliens.
C’est le métro « classe affaires », une logique de ségrégation sociale et territoriale !
Le métro « grand huit » relierait ces pôles d’excellence aux aéroports sans s’arrêter dans les
territoires qu’il traverse. C’est le métro TGV des patrons et des actionnaires ! Le réseau utile aux Franciliens serait délaissé.
Le droit de préemption de l’État autour des nouvelles gares renforcerait la pression foncière et provoquerait de nouvelles spéculations
immobilières. Les loyers augmenteraient encore.
C’est une aberration
écologique !
Le projet proposé vise l’étalement urbain au détriment d’espaces agricoles ou forestiers protégés.
Les zones d'emploi sont situées en dehors des bassins d’habitation, ce projet augmenterait les déplacements
domicile-travail en voiture.
C’est un déni de démocratie !
Les Franciliens, pas plus que les communes concernées, n’ont à aucun moment été associés ou consultés sur ce projet majeur
pour l’avenir de leur région.
Au cas où vous ne seriez pas présents au second tour, serez-vous amené à fusionner votre liste avec celle conduite par
Jean-Paul Huchon qui devrait arriver en tête des listes d'opposition à la majorité présidentielle ?
Qu'est-ce qui motivera votre choix ?
Depuis deux siècles, la Gauche en France applique, au second tour des élections, le désistement
républicain. C’est-à-dire que toutes les listes
de gauche se désistent ou fusionne avec le candidat ou la liste arrivée en tête. C’est un invariable de notre culture politique et, pour cette élection, toutes les forces politiques de gauche du
NPA au PS, en passant par nous, qui sommes au cœur de la gauche ont réaffirmé ce principe.
Néanmoins, si le PS décide de s’allier avec le MoDem, un parti de droite, il est évident que nous ne pourrions pas fusionner avec lui.
Quelle est la question que je ne vous ai pas posée, mais à laquelle vous auriez souhaité répondre
?
Quels sont les enjeux de ces élections ?
En mars prochain, les électrices et
électeurs décideront de l’avenir de notre région. Mais ce scrutin revêt également un enjeu de politique nationale. L’objectif de Sarkozy et de toute la droite est de
reconquérir les régions perdues en 2004, les réduire à l’état d’instruments de leur politique de démantèlement des services publics et
des politiques de solidarité (santé, retraites, Education Nationale…) et d’étendre les formes d’une mise en concurrence de
tous les territoires.
La responsabilité de la gauche est de faire barrage à cette entreprise et de construire une véritable alternative politique à la
mise en concurrence et à ses ravages sociaux et écologiques. Nous avons besoin d’une gauche qui sorte de la logique des petits arrangements avec le système productiviste et libéral… Une
gauche de combat !
Candidat-e-s sur la liste « Ensemble pour des régions à gauche solidaires, écologiques et citoyennes », nous savons qu'un autre projet est
possible pour notre région. Un projet qui fasse de l'Ile-de-France un vrai bouclier social et écologique face à la crise, un pôle de résistance, d'implication citoyenne et de reconquête face à la
droite. Un projet qui fasse de l'égalité le moteur de son développement : égalité devant le droit au logement, le droit aux transports, le droit à l'emploi et à la formation.