Voilà des nouvelles du PC, où le congrès s'annonce aussi sportif qu'au PS :
Le Conseil national du PCF a adopté hier à une large majorité une résolution proposée par la direction de Mme Marie-George BUFFET qui lance les travaux du 34e Congrès du parti, fixé du 11 au 14 décembre. Le texte a été adopté par 75 voix pour, 16 contre et 15 abstentions.
Pour préparer le Congrès, des étapes sont prévues : le 31 mai à Paris, le 7 juin à Marseille et le 14 juin à Tours, portant notamment sur le projet et sur l'organisation du PCF. "Le Conseil national nous permet de déboucher sur une feuille de route", s'est réjouie Mme BUFFET à l'issue de deux jours de réunions Place du Colonel Fabien, siège du PCF à Paris.
Le texte fait une analyse positive des résultats des élections municipales et cantonales pour le PCF dont "l'ancrage est recrédibilisé". Mais, le bilan des municipales c'est l'histoire du verre à moitié plein et à moitié vide : si la direction se targue des 91 villes de plus 9000 habitants gagnées (contre 86 en 2001), les courants d'opposition refusent tout triomphalisme et rappelle les 10 villes de plus de 3500 perdues ainsi que l'incapacité de regagner de grandes cités comme Le Havre. "Les municipales nous donnent des points d'appui", a souligné Mme BUFFET. Elles montrent que "le PCF a un ancrage national" mais "cela n'efface pas la présidentielle" de 2007, où elle avait recueilli le score le plus bas de l'histoire du PCF (1,93 %). "Le Congrès permettra de confronter toutes les opinions qui sont en débat en son sein sans en exclure aucune a priori", souligne la résolution. Mais elle fixe déjà sa principale tâche, qui doit être l'élaboration d'"un nouveau projet politique de changement". "Le Congrès doit être utile à la construction de ce changement". "L'objectif du Parti communiste français est d'être un grand parti populaire qui propose un projet audacieux et crédible" apte à "chercher à construire un rassemblement populaire majoritaire", a précisé Mme BUFFET.
Les refondateurs (proches des antilibéraux) et certains proches de l'ancien dirigeant Robert HUE, de même que des partisans de l'identité communiste proches de M. André CERIN, se sont opposés au texte.
La secrétaire nationale a laissé par ailleurs "ouverte" la question de sa propre succession à la tête du parti, en soulignant que son "souhait" serait de passer le témoin après n'avoir rien exclu la veille. "Nous avons la capacité de sortir de ce Congrès avec une direction profondément renouvelée jusqu'au niveau de la secrétaire nationale" et "j'espère que toutes les conditions seront remplies pour ce renouvellement", a-t-elle dit. La condition serait qu'"on ait l'homme ou la femme qui soit en capacité de rassembler avec beaucoup d'audace", a-t-elle précisé. "Pour l'instant personne ne fait l'unanimité" et "Marie-George BUFFET reste le point d'équilibre" du parti, a souligne Mme Marie-Pierre VIEU (ex-partisane de M. Robert HUE). "Si l'unité du parti est en danger elle ne partira pas", souligne un proche de la secrétaire nationale. Mais une personnalité pourrait émerger si l'orientation qu'elle propose convainc l'ensemble de l'organisation, selon lui.
Tout en affirmant qu'aucun débat n'"est exclu", la résolution met en sourdine les hérésies et propose un développement du PCF autour d'un projet. "Le changement du nom du parti n'est pas au coeur du débat et ce n'est pas mon option", a précisé Mme BUFFET. L'objectif du Parti communiste français est d'être un grand parti populaire qui propose un projet audacieux et crédible" apte à "chercher à construire un rassemblement populaire majoritaire", précise-t-elle.
"Le Congrès est donc déjà joué, il reste une seule option", s'insurge M. Roger MARTELLI (refondateur, proche des antilibéraux) qui a voté contre la résolution. "Le communisme a un avenir mais je doute que cela passe par la structure PCF", dit-il. Pour Mme Dominique GRADOR (proche de M. HUE), opposée au texte, "le PCF tel qu'il est n'est pas une force crédible pour porter un projet".
A l'autre bout de l'échiquier, les partisans du maintien de l'identité communiste contestent la direction de Mme BUFFET et l'un de leur chef de file, le député-maire de Vénissieux André GERIN, s'est porté candidat pour lui succéder
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