(Pascale Le Néouannic avec Catherine Margaté, Maire de Malakoff)
Les élections régionales de mars prochain sont-elles vraiment locales ? Dimanche matin, sur le marché de Malakoff, Front de gauche et NPA sont présents pour animer la campagne. Pierre Laurent, tête de liste régionale du Front de Gauche, et Pascale Le Néouannic, tête de liste Front de Gauche pour les Hauts-de-Seine (92) dont la présence était annoncées depuis quelques jours, animent le point de rencontre du Front de gauche. Vanessa, militante PCF, présente les « enjeux nationaux des élections », alors que « Valérie Pécresse concentre les enjeux sur la région ». Pourtant, Nicolas Sarkozy exhortait en novembre les candidats UMP à y porter le bilan de son gouvernement. Chez les militants ressort la déception d’un échec de rapprochement des listes anticapitalistes. Ces dernières semaines, les discussions pour des listes communes n’ont pas abouti malgré plusieurs mois de travail et de rencontres. Daniel, membre du conseil national du Parti de gauche, voudrait « une bonne gauche contre la droite ». Il regrette les « désaccords d’appareil : les militants ont une très grande facilité à se retrouver alors on aimerait bien que nos dirigeants retrouvent l’accord qui se fait à la base ».
(Pascale Le Néouannic avec Marie-Hélène Amiable, députée-maire de Bagneux et Catherine Margaté, Maire de Malakoff)
De l’autre côté du marché, Frédéric vend Tout est à nous, l’hebdomadaire du NPA. Lui aussi est « complètement déçu des négociations entre NPA et Front de gauche qui empêchent un appel fort en termes de débouché électoral ». Le NPA paraît souffrir de cette position. La semaine dernière, il annonçait la candidature d’Olivier Besancenot en Île-de-France, pour relancer une dynamique essoufflée. Pourtant, les enjeux sont cruciaux. Le ressenti montre un vif mécontentement de la politique nationale menée par la droite. Militants et sympathisants de gauche souhaitent trouver des boucliers contre ces attaques. Philippe, socialiste, assure que « les gens sont contents du bilan qui a été celui de la majorité de la région ». Selon lui, la liste de Jean-Paul Huchon, candidat PS sortant, va pouvoir reconduire sa politique. D’après les réactions entendues, les principaux thèmes envisagés au cœur de la campagne sont l’emploi et le racisme. Lydie craint pour ses petits-enfants, qui, « même avec des diplômes, ne trouvent pas facilement du travail ». Malgré la fin de crise annoncée à qui veut l’entendre, les gens gardent en tête que le chômage persiste et s’aggrave. La question sociale est au centre des préoccupations, et pourtant beaucoup craignent une montée en puissance du débat xénophobe instrumentalisé par la droite. « Je n’ai pas le droit de voter, lance Nasr, mais j’ai beaucoup de problèmes depuis l’arrivée de la droite au pouvoir, avec l’identité nationale, le voile… Tout ça sert à diviser les gens. »
Toutes les directions des diverses formations politiques de la gauche de transformation sociale n’ont pas réussi à s’entendre sur l’unité. La colère contre la politique du gouvernement s’exprime facilement sur le marché de Malakoff.
Comment faire exister l’alternative aux politiques libérales ? La crédibilité est-elle possible sans unité, face à une droite idéologiquement dangereuse, xénophobe, rassemblant jusqu’aux extrêmes ?
Julien Cholin et Thibault Leroy - L'Humanité du 25 janvier 2010
Les commentaires récents